La Première Famille Humaine. Le livre Urantia.
Fascicule 63
4 . LES CLANS ANDONIQUES
P.713 - §7 Les hommes primitifs — les Andonites —
avaient les yeux noirs et le teint bistré, un peu comme un
croisement de jaune et de rouge. La mélanine est une substance
colorante qui se trouve dans l'épiderme de tous les êtres humains.
C'est le pigment originel de l'épiderme andonique. Par l'aspect
général et la couleur de la peau, ces premiers Andonites
ressemblaient plus aux Esquimaux d'aujourd'hui qu'à aucun autre
type d'êtres humains vivants. Ils furent les premières créatures à
employer la peau d'animaux pour se protéger contre le froid ; ils
n'avaient guère plus de poil sur le corps que les humains
d'aujourd'hui.
P.713 - §8 La vie tribale des ancêtres animaux de ces hommes
primitifs avait laissé entrevoir les débuts de nombreuses
conventions sociales. L'expansion des émotions et l'accroissement
de la puissance cérébrale de ces êtres entrainèrent un
développement immédiat de l'organisation sociale et une nouvelle
division du travail dans le clan. Ils étaient extrêmement portés à
imiter, mais leur instinct de jeu était à peine développé et leur
sens de l'humour presque totalement absent. L'homme primitif
souriait à l'occasion, mais il ne se laissait jamais aller à rire
à gorge déployée. L'humour fut légué ultérieurement à l'homme par
la race adamique. Ces êtres humains primitifs n'étaient ni aussi
sensibles à la douleur ni aussi réactifs aux situations
déplaisantes que beaucoup de mortels apparus plus tard par
évolution. L'enfantement ne fut une épreuve douloureuse ou
angoissante ni pour Fonta ni pour sa progéniture immédiate.
P.714 - §1 Ils formaient une merveilleuse tribu. Les hommes
étaient capables de lutter héroïquement pour la sauvegarde
de leurs compagnes et de leurs descendants ; les femmes étaient
affectueusement dévouées à leurs enfants ; mais leur patriotisme
était strictement limité au clan proprement dit. Ils étaient très
loyaux envers leur famille ; ils étaient prêts à mourir sans
hésitation pour défendre leurs enfants, mais ils n'étaient pas
capables de concevoir l'idée d'essayer de rendre le monde meilleur
pour leurs petits-enfants. L'altruisme n'était pas encore né dans
le coeur de l'homme, bien que toutes les émotions essentielles à
la naissance de la religion fussent déjà présentes chez ces
aborigènes d'Urantia.
P.714 - §2 Ces hommes primitifs portaient une affection touchante
à leurs camarades et avaient certainement une idée réelle, bien
que rudimentaire, de l'amitié. Plus tard ce fut un spectacle
courant de voir, pendant les batailles sans cesse renouvelées avec
les tribus inférieures, un de ces hommes primitifs continuer à
lutter vaillamment d'une main tout en essayant avec l'autre de
protéger et de sauver un camarade de combat blessé. Bien des
traits de caractère parmi les plus nobles et les plus élevés qui
s'affirmèrent au cours de l'évolution ultérieure, s'ébauchaient
déjà d'une façon émouvante chez ces peuplades primitives.
P.714 - §3 Le clan andonique originel conserva une lignée de
chefs ininterrompue jusqu'à la vingt-septième génération quand, du
fait de l'absence de rejeton mâle dans la descendance directe de
Sontad, deux prétendants rivaux membres du clan entrèrent en
guerre pour la suprématie.
P.714
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§4 Avant la grande dispersion des clans andoniques, un langage
bien développé s'était formé à la suite de leurs premiers efforts
pour communiquer entre eux. Ce langage ne cessa de s'enrichir et
reçut des additions presque quotidiennes du fait des inventions
nouvelles et des adaptations à l'environnement qui voyaient le
jour chez ce peuple actif, agité et curieux. Ce langage devint la
parole d'Urantia, la langue de la famille humaine primitive,
jusqu'à l'apparition ultérieure des races de couleur.
P.714 - §5 À mesure que le temps passait, les clans andoniques
croissaient en nombre, et le contact de ces familles en expansion
provoqua des frictions et des malentendus. Deux sujets seulement
occupaient la pensée de ces peuplades : chasser pour trouver de la
nourriture, et combattre pour se venger d'une injustice ou d'une
insulte réelle ou supposée faite par une tribu voisine.
P.714 - §6 Les querelles de familles prirent de l'importance, des
guerres éclatèrent entre les tribus, et les meilleurs éléments des
groupes les plus capables et les plus évolués subirent des pertes
sérieuses. Certaines de ces pertes furent irréparables ;
quelques-unes des lignées douées des aptitudes et des
intelligences les plus précieuses furent à jamais perdues pour le
monde. Cette première race et sa civilisation primitive furent
menacées d'extinction par ces guerres incessantes entre clans.
P.714 - §7 Il est impossible d'amener des êtres
aussi primitifs à vivre longtemps ensemble en paix. L'homme est le
descendant d'animaux combatifs ; lorsque des gens incultes sont
étroitement associés, ils s'irritent et s'offensent mutuellement.
Les Porteurs de Vie connaissent cette tendance des créatures
évolutionnaires et prennent leurs dispositions en conséquence pour
diviser finalement les êtres humains, en voie de développement, au
moins en trois races distinctes et séparées, et plus souvent en
six.
5 . LA DISPERSION DES ANDONITES
P.715 - §1 Les premières races issues d'Andon ne s'enfoncèrent
pas très loin en Asie et ne pénétrèrent pas dès l'abord en
Afrique. La géographie de ces temps-là les orientait vers le nord,
et c'est toujours plus au nord que ces peuples voyagèrent jusqu'au
moment où ils furent arrêtés par la lente progression du troisième
glacier.
P.715 - §2 Avant que cette immense couche de glace eût atteint la
France et les Iles Britanniques, les descendants d'Andon et de
Fonta avaient progressé vers l'ouest à travers l'Europe et avaient
constitué plus de mille établissements séparés le long des grands
fleuves qui conduisent à la Mer du Nord, dont les eaux étaient
alors chaudes.
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Les Andonites
en France. Au bord du fleuve, la Somme |
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P.715 - §3 Les membres de ces tribus andoniques furent
les premiers habitants installés sur les rives des fleuves
de France ; ils vécurent le long de la Somme pendant des
dizaines de milliers d'années. La Somme est la seule
rivière dont le cours n'ait pas été modifié par les
glaciers ; elle s'écoulait vers la mer, en ce temps-là, à
peu près comme aujourd'hui. C'est pourquoi l'on trouve le
long de sa vallée tant de traces des descendants d'Andon.
P.715 - §4 Ces aborigènes d'Urantia n'habitaient pas dans
les arbres, bien qu'ils eussent gardé l'habitude de se
réfugier à leur cime en cas de danger. Ils demeuraient
généralement à l'abri des falaises dominant les rivières
et dans des grottes à flanc de coteau, qui leur assuraient
une bonne vue sur les voies d'accès et les protégeaient
contre les éléments. Ils pouvaient ainsi jouir du confort
de leurs feux sans être trop incommodés par la fumée. Ils
n'étaient pas de véritables troglodytes, bien qu'au cours
des âges ultérieurs, les nappes glaciaires plus tardives
progressant vers le sud eussent forcé leurs descendants à
se réfugier dans des cavernes. Ils préféraient camper près
de la lisière d'une forêt et à proximité d'une rivière.
P.715 - §5 Ils devinrent très vite remarquablement
adroits pour camoufler leurs demeures partiellement
abritées et montrèrent une grande habileté à construire
des huttes de pierre en forme de dômes, qui leur servaient
de chambres à coucher et dans lesquelles ils se glissaient
la nuit. Ils fermaient l'entrée de leur hutte en roulant
devant elle une grosse pierre qu'ils avaient logée à
l'intérieur à cet effet, avant de mettre définitivement en
place les pierres du toit.
P.715 - §6 Les Andonites étaient des chasseurs intrépides
et adroits. À l'exception des baies sauvages et des fruits
de certains arbres, ils se nourrissaient exclusivement de
viande. De même qu'Andon avait inventé la hache de pierre,
ses descendants découvrirent bientôt le javelot et le
harpon, et s'en servirent efficacement. Enfin, un mental
capable de créer des outils fonctionnait en accord avec
une main capable de les utiliser ; ces premiers humains
devinrent très habiles à façonner des outils en silex. Ils
faisaient de longs voyages à la recherche du silex, comme
les hommes d'aujourd'hui vont aux confins de la terre en
quête d'or, de platine ou de diamants.
P.715 - §7 Dans bien d'autres domaines, ces tribus
andoniques firent preuve d'un degré d'intelligence que
leurs descendants rétrogrades n'atteignirent pas en un
demi-million d'années, bien qu'ils eussent redécouvert, à
maintes reprises, diverses méthodes pour allumer du feu.
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